Hausse des frais vétérinaires : les propriétaires d’animaux confrontés à des choix difficiles
Tashi Farmilo
En Outaouais, les propriétaires d’animaux de compagnie sont étranglés par la hausse marquée des frais vétérinaires, une tendance observée partout au Québec. Nombre d’entre eux se retrouvent ainsi tiraillés entre les besoins de santé de leurs compagnons et leurs propres contraintes budgétaires. Parallèlement, la pénurie de vétérinaires et de techniciens en santé animale, tous deux indispensables au bon fonctionnement d’une clinique, accentue la pression sur ces dernières.
À la Clinique vétérinaire Eardley, située à Aylmer, le prix d’une consultation de base ou d’un examen annuel est maintenant de 124 $, indique la Dre Marie-Pascale L. Robert, copropriétaire. Un cas grave nécessitant une intervention chirurgicale ou une hospitalisation de plusieurs jours peut facilement atteindre 1 000 $ à 3 000 $. Elle précise toutefois que les clients paient pour une équipe de professionnels dévoués dont la mission est de prodiguer les meilleurs soins possibles à leurs compagnons, à l’aide d’équipements de pointe et dans le respect de normes de qualité strictes.
La Dre Robert attribue cette tendance à la hausse dans le milieu vétérinaire à l’augmentation généralisée des coûts, notamment ceux des médicaments, des fournitures, de l’équipement et des salaires. « Dans le cas de nos assurances, par exemple, les coûts ont bondi de plus de 20 % en une seule année après la pandémie », dit-elle. En tant que clinique indépendante, elle s’efforce de limiter au maximum les hausses de tarifs plutôt que de les refiler automatiquement aux clients.
Pour l’équipe de la clinique, les moments les plus difficiles surviennent lorsque des propriétaires sont contraints de renoncer à faire soigner leur animal parce qu’ils n’en ont tout simplement pas les moyens.
On pense souvent que les soins vétérinaires sont moins chers de l’autre côté de la rivière, mais ce ne serait pas le cas, selon la Dre Robert. « Nous avons plusieurs clients de l’Ontario qui choisissent de venir au Québec pour faire soigner leurs animaux, car certains tarifs sont moins élevés ici », explique-t-elle. Elle admet toutefois que l’Ontario offre des services plus spécialisés et que l’Outaouais ne dispose d’aucune clinique vétérinaire ouverte 24 heures sur 24. En conséquence, pour obtenir des soins vétérinaires d’urgence la nuit, les Gatinois n’ont d’autre choix que de se rendre à Ottawa.
Les refuges pour animaux sont directement touchés par l’augmentation des frais vétérinaires. En effet, selon Ericka Muzzo, conseillère principale en communication à la SPCA de l’Outaouais, l’incapacité d’assumer les frais de soins vétérinaires figure parmi les raisons les plus souvent invoquées par les personnes qui se voient contraintes de se séparer de leur animal, au même titre que le coût élevé de la vie en général et l’interdiction de posséder un animal dans les logements.
Il convient de souligner qu’au Québec, il n’existe aucune réglementation gouvernementale ni grille tarifaire officielle permettant d’encadrer ou de plafonner les prix des soins vétérinaires. Les cliniques sont considérées comme des entreprises privées et sont donc libres de fixer leurs propres tarifs, explique Malik Guelmi, conseiller aux affaires publiques pour l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ). Cependant, en tant que professionnel, le vétérinaire a l’obligation, en vertu de son Code de déontologie, de demander et d’accepter des honoraires qui sont justes et raisonnables, qui sont justifiés par les circonstances de l’intervention médicale et qui sont proportionnels aux services rendus.
De même, le vétérinaire est tenu de communiquer au client toutes les informations pertinentes sur l’état de santé de son animal, de lui expliquer les traitements envisagés en précisant les coûts associés, et d’obtenir son consentement libre et éclairé avant toute intervention.
Les propriétaires d’animaux qui estiment avoir été lésés par un vétérinaire (par exemple, en cas de facturation d’honoraires jugés excessifs et injustifiés) peuvent s’informer ou porter plainte auprès de l’OMVQ, qui a pour mission de protéger le public en surveillant l’exercice de la profession. L’Ordre peut également imposer des mesures disciplinaires aux professionnels fautifs, telles que la radiation temporaire.
Trad. : MET
Face à la hausse des prix dans les cliniques vétérinaires, beaucoup de gens se voient contraints d’abandonner leurs animaux, n’ayant pas les moyens de les faire soigner. Crédit photo : Tashi Farmilo
