Fermeture imminente de la halte-chaleur du parc Sanscartier : la situation inquiète
Mélissa Gélinas
En raison d’un manque de financement, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a annoncé la fermeture de la halte-chaleur du parc Sanscartier à Gatineau. La vingtaine de personnes en situation d’itinérance qui avaient l’habitude de fréquenter cet espace, qui compte 12 lits, n’auront d’autre choix que de se réorganiser à partir du 15 avril prochain, date prévue de la fermeture.
Pour Annie Castonguay, coordonnatrice chez Réhabex, il s’agit d’une très mauvaise nouvelle. Selon elle, la situation pourrait devenir préoccupante, puisque les personnes concernées n’auront plus accès aux services ni à un endroit pour dormir. « Ils devront se réinstaller en tente autour du secteur », mentionne-t-elle. Ce contexte risque d’entraîner une augmentation des situations d’urgence, telles que les conflits, les surdoses et d’autres incidents.
Par ailleurs, elle lance un appel à la générosité de la population afin de faire don de tentes pour soutenir ces personnes.
Dans le même ordre d’idées, Alexandre Gallant, coordonnateur du Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO), craint que les gens soient laissés à eux-mêmes, puisqu’il n’y aurait, selon lui, aucun plan pour les relocaliser ailleurs.
Afin de poursuivre les opérations de la halte-chaleur de Sanscartier, un montant d’environ 400 000 $ seraient requis. Cette somme permettrait d’assurer les services jusqu’en novembre 2026. Selon Mme Castonguay, il serait toutefois possible de réduire ces coûts en diminuant les heures de travail du gardien de sécurité et en limitant la présence à deux intervenants sur place. Elle estime que cela ne devrait pas entraîner d’inconvénients, compte tenu de la tranquillité des lieux.
Pour sa part, le conseiller municipal du Lac-Beauchamp, Timmy Jutras, affirme continuer de faire pression pour trouver une solution face à cette situation qu’il juge préoccupante.
« Retirer un refuge encadré sans plan de relève clair, c'est repousser des gens vers la rue et les tentes et fragiliser du même coup toute la dynamique de cohabitation de notre quartier », exprime-t-il. « Ce n'est bon ni pour les personnes en situation d'itinérance, ni pour les autres résidents, ni pour les organismes qui font un travail remarquable sur le terrain. »
Selon lui, la Ville de Gatineau et le CISSSO doivent travailler ensemble pour trouver une solution d’urgence, et ce, le plus rapidement possible.
Trad. : MET

